Poésie / Littérature

Bienvenue sur notre page dédiée à la poésie et à la littérature ! Vous y découvrirez la profondeur et la qualité de la réflexion chez nos élèves.

Voici quelques œuvres d’un de nos élèves journaliste collaborateur.

L’art

L’art n’est pas juste un jeu. Ce n’est pas juste un moyen de gagner de l’argent. Ce n’est pas juste pour les fous. Ce n’est pas juste de la peinture et des crayons. Ce n’est pas juste de la couleur par-ci, par-là. Ce n’est pas juste un moyen de devenir populaire ou de passer le temps.

L’art, c’est un moyen de rester en vie quand plus rien ne te retient. C’est un moyen de rester dans la couleur et de ne pas te laisser t’effondrer. C’est un moyen de continuer dans le droit chemin, même s’il est différent de celui des autres.

Chaque coup de crayon libère nos démons. Chaque goutte de peinture remplace la larme qui coule sur ta joue. Chaque touche de couleur nous permet d’oublier que tout finira. Chaque trait efface temporairement les cicatrices du passé. Chaque visage dessiné permet de ne pas oublier ceux qui ont été tués. Chaque coup d’encre rouge enlève les couteaux plantés dans nos cœurs qui n’avaient rien demandé.

Chaque goutte de pluie dessinée veut démontrer que, quoi qu’il arrive, nous allons tous souffrir, mais qu’un jour ça ira mieux. Chaque marque noire permet de libérer la désespérance de tous ces gens malheureux.

 Alex Dumont

L’ENFANT DU MONDE

Je suis un petit garçon, je suis un enfant qui craint le monde,
Où les adultes crient et où tout est immonde.
Ils parlent, parlent, mais ne voient pas les enfants.
En Inde, au Bangladesh, les enfants travaillent sans fin jusqu’à ne plus avoir de mains,
Au Nigeria, ils portent la misère sur leur dos au lieu de porter des sacs à dos.
Je vois des feux d’artifice, oh non ! c’est vrai, c’était les bombardements en Syrie et en Ukraine.
Moi, je me demande si demain je tiendrai le rôle.
Moi je suis un enfant,
Un enfant qui est perdu qui ne veut que s’amuser et qui ne voit que des atrocités,
Sur ses réseaux tous ces enfants maltraités et intimidés,
Des fausses nouvelles partout pour nous dissimuler,
Je vois tous ces faux scandales pour nous dissimuler la vérité,
Toutes ces familles déchirées,
A la télé, je vois tous ces peuples oubliés et écrasés.
Pourquoi juger ceux qui sont différents ?
Les filles aiment les filles, les garçons aiment les garçons,
Nous sommes qui nous sommes,
Et moi, je veux croire que c’est juste, que c’est normal,
Mais certains crient “non !” comme si c’était leurs décisions.
Sur ces grands écrans couleur de peau utilisées comme défauts,
Le racisme déchire le monde, on ferme les yeux car ils disent que ce ne sont que des minorités.
Et moi, petit garçon, je me sens si petit dans cette cage de mensonges.
Les armes nucléaires pendent comme des nuages noirs, tous se menacent avec leurs petits soldats de la peste,
Comme une partie d’échec.
Bombes nucléaires utilisées pour effrayer, utilisées comme revanche a une mauvaise blague,
J’entends les grands parler de guerre, pendant ce temps, les peuples disparaissent dans le noir,
Des générations décimées pour remplir le gros ventre de leurs dirigeants, de ces sages plus idiots qu’un idiot qui se prennent pour des sages.
Des génocides, des massacres, j’ai lu dans les journaux au côté de la météo.
Étouffer ceux qui ont osé parler, oublier ceux qui ont osé se rebeller,
Tuer ceux qui osent divulguer la vérité.
Moi, je ferme les yeux et je prie pour un autre tableau, pour une autre histoire.
Je voudrais que le monde sente encore les fleurs et voit les couleurs,
Que les enfants rient, et que disparaisse la peur,
Que les différences soient juste des couleurs dans le ciel, admirées pour leur authenticité.
Que tout le monde ait droit à l’amour, même le plus méchant des méchants.
Mais aujourd’hui, les seules couleurs que j’aperçois c’est quand je sors de mon lit, C’est quand il pleut,
Le rouge du sang versé par les égoïstes,
Le sang des peuples qui suppliaient d’épargner leurs bébés.
Je vois le noir, le vide des gens,
Les gens qui ont sombré, la dépression qui les a tous dévorés.
Et les génocides, j’entends en cours d’histoire, racontés comme une histoire sans mort,
Et moi, petit garçon, je crains la suite.
Alors je ferme les yeux et je rêve en silence,
D’un futur où l’amour et la vie auront la cadence,
Et moi, ne croyant en rien, me retrouvant à supplier un dieu quelconque,
Sauvez nous, les humais sans cœur,
Arrêtons de rêver de gloire, rêvons d’amour et de paix, s’il vous plaît.
Et moi, le petit garçon du monde, ne peux que supplier de ne pas les oublier tous ces enfants sacrifiés.

Alex Dumont

LES DISPARUS

Nous, animaux magnifiques, nous sommes devenus fantastiques. Nous profitions de notre petite vie, et là-bas, nous n’avions rien demandé ni rien fait pour mériter toute cette atrocité. Nous survivons depuis des décennies, mais à cause de vous, nous sommes tous décimés.

Si vos arrière-arrière-grands-parents ont eu de la chance, ils ont peut-être entendu parler de nous et peut-être même eu l’opportunité de nous apercevoir. Près de 70 % à 73 % des poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont disparu en moins de 50 ans.

Il y a 420 000 ans, l’homme a commencé à créer les premières armes. Imaginez, depuis ce temps, combien d’espèces d’animaux ont vu leur espèce disparaître. Ajoutez à cela la cruauté humaine, la déforestation, la pollution, la surexploitation et les dégâts causés à l’environnement. La déforestation entraîne la disparition de près de 100 à 246 espèces par jour.

Qui suis-je ?

On peut me confondre avec une énorme poule. J’ai un bec qui ressemble à celui d’un perroquet, j’ai de petites ailes, mais je ne vole pas. Je suis disparu à cause de l’arrivée de l’homme sur mon île. Je n’étais pas méfiant et, à cause de ça, il m’a chassé jusqu’au dernier. Et si ce n’était pas l’humain, c’était leurs chiens et les rats qu’ils ont apportés. Le dodo

Qui suis-je ?

Je ressemble à un loup et à un renard. J’ai copié les lignes du zèbre. J’ai disparu à cause de l’arrivée des colons : ils nous ont traqués et accusés à tort, pensant que nous tuions les habitants. Le thylacine

Qui suis-je ?

Je suis à moitié un zèbre : une partie de mon corps a des rayures et l’autre non. Nous sommes morts à cause des colons qui nous ont massacrés sans pitié pour nous manger. Le zèbre quagga

Qui suis-je ?

Je suis un animal féroce qui ressemble à un gros chat. Je suis encore en vie, mais il ne reste que 3 890 de mes congénères dans le monde. Le tigre

Qui suis-je ?

Je suis encore en vie, mais peut-être pas pour longtemps. Je ressemble à un gros toutou, mais je reste dangereux, surtout quand mes bébés sont en danger. Je vivais tranquillement dans le froid, mais à cause du réchauffement climatique ma maison est en train de disparaître. Chaque jour, certains de mes congénères meurent noyés. Nous sommes entre 22 000 et 31 000 à être encore en vie. L’ours polaire

Nous, les animaux que vous avez tués et décimés, nous vous demandons : est-ce que cela valait la peine de nous tuer ?

Nous aussi, nous avions des familles.

Nous aussi, nous ressentions des sentiments.

Mais vous avez décidé que nous étions moins importants que vous.

Pourquoi est-ce que nous méritons de mourir et pas vous ? Car au final, nous sommes tous des êtres vivants.

La seule chose que nous pouvons vous demander c’est d’essayer de ne pas décimer d’autre espèces innocentes et de ne pas nous oublier.

Alex Dumont

LA DÉPRESSION

Je suis l’amie de tous.
Je vais venir un jour ou l’autre.
Nombreux sont ceux qui essaient de me cacher. Certains y arrivent… avec un sourire.
J’arrive quand tu es au plus bas.
Mais parfois aussi quand tout semble aller bien.
Je m’invite dans ta vie sans prévenir.
Je m’accroche.
Je m’incruste dans ta tête, dans tes pensées.
Et pourtant… personne ne peut me voir.
Au début, je suis discrète.
Je peux simplement te fatiguer.
Te voler un peu d’énergie.
Te démoraliser doucement.
Je suis experte pour te faire douter.
J’apparais, puis je disparais.
Je glisse quelques mots dans ta tête, de temps en temps, sans que tu t’en rendes compte.
Je joue avec tes émotions.
Je te fais voir le monde autrement.
Et personne ne remarque que je suis là.
Puis je reviens… de plus en plus souvent.
Au début, c’est peut-être une journée par mois.
Puis une journée par semaine.
Et un jour… je suis là tout le temps.
Quand je suis bien installée dans tes pensées, je commence à te contrôler.
Je te murmure :
« Non, ne fais pas ça… on va te juger. »
« Ne dis rien… on va te rejeter. »
« N’en parle pas… ils vont te trouver ridicule. »
Et toi, tu me crois.
Je porte mille visages différents.
Je change selon les personnes, selon les moments.
Alors personne ne me repère.
Et parce que tu m’écoutes…
tu te renfermes.
Tu parles moins.
Tu souris moins.
Tu deviens prisonnier de tes propres pensées.
Tu pourrais essayer de t’échapper.
Mais je t’ai déjà convaincu de garder le silence.
Alors tu restes seul.
Parfois, tu essaies de me faire taire.
Tu te fais du mal, juste pour avoir quelques minutes de paix.
Mais je reviens toujours.
Et je deviens plus forte.
Je te fais croire que rien ne pourra te sauver.
Que personne ne peut t’aider.
Qu’il ne reste qu’une seule solution.
Chaque jour, je répète les mêmes mensonges :
« Tu ne sers à rien. »
« Personne ne t’aime. »
« Tu es dégoûtant. »
« Tu ne mérites pas de vivre. »
Et à force de les entendre…
tu finis par les croire.
Quand tu es seul,
quand tu te regardes dans un miroir,
tu ne vois plus toi.
Tu vois seulement le masque que je t’ai construit, morceau par morceau.
Et un jour, je te chuchote :
« Si tu veux arrêter de souffrir… il n’y a qu’une seule chose à faire. »
Tu es épuisé.
Fatigué de m’entendre.
Tu crois qu’il ne reste qu’une seule façon de te libérer…
C’est de disparaître, de t’envoler, de te faire enterrer.
Alors une journée, épuisé, tu arrêtes de respirer.
Moi… la dépression j’aurai enfin gagné et j’aurai accompli ma mission.
Même s’il est difficile d’y croire, peut importe qui tu es, tu es capable de me vaincre, de me faire taire, de m’anéantir.
Parce qu’il existe des façons de me battre.
Et elle commence par une chose simple:
Parler.
À un ami.
À un parent.
À quelqu’un de confiance.
Parce que quand tu n’es plus seul…
je deviens plus faible.
Alors n’abandonne jamais, car je ne fais que mentir.
Ne me laisse pas gagner!!!

Alex Dumont